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Agence de la santé et des services sociaux de Chaudière-Appalaches
Vous êtes ici : Consulter le rapport en ligne > 4. Le cancer : protéger la santé > 4.2 L’exposition au travail > 4.2.1 Les cancers d’origine occupationnelle en Chaudière-Appalaches

4.2.1 Les cancers d’origine occupationnelle en Chaudière-Appalaches

Parmi les produits ou risques cancérogènes en milieu de travail, l’amiante demeure encore un problème que ce soit par suite d’une exposition antérieure, comme c’est le cas pour plusieurs mineurs ou travailleurs des moulins, ou d’une d’exposition plus récente dans le cas de travailleurs du secteur de la construction[234].

L’amiantose, la maladie la plus connue et la plus répandue, n’est pas la seule maladie causée par l’amiante. Il y a aussi des cancers dont le principal est le mésothéliome. D'ailleurs, l’exposition à l’amiante est le principal facteur de risque du mésothéliome puisque, selon la littérature scientifique, elle est responsable d’environ 80 % des cas. Cette forme de cancercancer
Maladie caractérisée par la prolifération anormale et désordonnée des cellules. À l’exception des cellules cancéreuses, certains fluides physiologiques (sang, liquide lymphatique) forment par la suite une tumeur maligne (dite tumeur primaire) qui envahit les tissus adjacents. Pour beaucoup de cancers, les cellules cancéreuses peuvent migrer vers d’autres organes et y proliférer. Ces proliférations, distantes de la tumeur primaire, sont appelées métastases.
, agressive et rare, touche le plus souvent la plèvre29. Elle peut aussi atteindre le péritoine30 ou le péricarde31.

Un travailleur exposé à l’amiante a cinq fois plus de risque de développer un cancercancer
Maladie caractérisée par la prolifération anormale et désordonnée des cellules. À l’exception des cellules cancéreuses, certains fluides physiologiques (sang, liquide lymphatique) forment par la suite une tumeur maligne (dite tumeur primaire) qui envahit les tissus adjacents. Pour beaucoup de cancers, les cellules cancéreuses peuvent migrer vers d’autres organes et y proliférer. Ces proliférations, distantes de la tumeur primaire, sont appelées métastases.
pulmonaire qu’un travailleur qui n’a pas été exposé. Chez les travailleurs de l’amiante, le risque de cancer du poumon est particulièrement plus élevé chez un fumeur que chez un non-fumeur. Chez les travailleurs fumeurs exposés à l’amiante, le risque est multiplicatif, c’est-à-dire qu’il est augmenté de 10 fois plus que le risque chez les non- fumeurs, soit un risque 50 fois (53,24/1) plus grand de développer un cancer du poumon comparés aux travailleurs non-fumeurs et non exposés à l’amiante[141].

Risques relatifs de développer un cancer pulmonaire à la suite d’une exposition à l’amiante

Dans ce contexte, la cessation tabagique des travailleurs de l’amiante prend encore plus d’importance.

Trois sources de données ont été utilisées pour décrire les différents cancers qui affectent des travailleurs de Chaudière-Appalaches en milieu de travail :

  • le fichier des lésions professionnelles acceptées et indemnisées par la CSST en fonction des découpages établis dans l’infocentre de santé publique;
  • les cancers déclarés à titre de MADO au directeur de santé publique et saisies dans le fichier provincial des MADO chimiques;
  • les résultats d’analyse du fichier des tumeurs du Québec.

4.2.1.1 Les travailleurs indemnisés par la CSST

En Chaudière-Appalaches, entre 1997 et 2006, au total 39 travailleurs ont été indemnisés par la CSST pour des cancers d’origine professionnelle. De ce nombre, 23 travailleurs ont été indemnisés par la CSST en raison de mésothéliomes entre 1997 et 2006. Près de la moitié (12/23) d’entre eux se retrouvent dans le secteur minier. On en retrouve aussi une forte proportion, soit 40 % (9/23) dans la fabrication d’équipement de transport, en l’occurrence le chantier naval.

Au total, ce nombre pourrait être sous-estimé puisque 40 % (187/458) de tous les travailleurs indemnisés pour cancers par la CSST au cours de la période étudiée ne pouvaient être attribués à une région en particulier, sous-estimant donc leur répartition selon les régions.

Nombre de travailleurs d’établissements de Chaudière-Appalaches indemnisés par la CSST pour mésothéliome (31001) entre 1997 et 2006

On note aussi que 16 travailleurs ont été indemnisés au cours de la même période pour des tumeurs malignes, probablement des cancers pulmonaires. La grande majorité des cas sont des travailleurs du secteur minier. Quelques autres cas proviennent des secteurs de la construction (bâtiment et travaux publics), du bois, de la première transformation des métaux (fonderies) et de la fabrication d’équipement de transport (chantier naval).

Nombre de travailleurs d’établissements de Chaudière-Appalaches indemnisés par la CSST pour tumeur maligne (cancer pulmonaire) (31000) entre 1997 et 2006

Les cancers du larynx et de l’œsophage[235] pourraient aussi être liés à une exposition à l’amiante, mais ils n’apparaissent pas dans les données produites par la CSST. Pour l’ensemble du Québec, parmi tous les cancers indemnisés, soit 458 travailleurs au total, en plus des mésothéliomes et des tumeurs malignes, il y a eu deux cas pour tumeurs bénignes.

4.2.1.2 Les cancers déclarés au directeur de santé publique

La déclaration obligatoire de maladies professionnelles, MADO, existe depuis plusieurs années, mais elle a fait l’objet de changements majeurs en novembre 2003 par suite de l’adoption des Règlements d’application de la Loi sur la santé publique en 2001. À ce moment-là, plusieurs maladies liées au travail se sont ajoutées.

Sur la base de cette loi, le directeur de santé publique a reçu un certain nombre de déclarations, obligatoires légalement, de la part de médecins (pneumologues, pathologistes) pour des maladies liées à l’amiante dont deux types de cancers : cancercancer
Maladie caractérisée par la prolifération anormale et désordonnée des cellules. À l’exception des cellules cancéreuses, certains fluides physiologiques (sang, liquide lymphatique) forment par la suite une tumeur maligne (dite tumeur primaire) qui envahit les tissus adjacents. Pour beaucoup de cancers, les cellules cancéreuses peuvent migrer vers d’autres organes et y proliférer. Ces proliférations, distantes de la tumeur primaire, sont appelées métastases.
du poumon et mésothéliome. Par contre, les cas faisant l’objet d'une déclaration ne constituent pas l’ensemble des cas prévalents d’une maladie, en raison de la sous- déclaration existante. Les cas déclarés incluent des travailleurs qui travaillent ou ont travaillé dans la région, mais comportent aussi des travailleurs qui y résident sans nécessairement y avoir travaillé.

Les cas des cancers déclarés proviennent principalement du Comité spécial sur les maladies pulmonaires professionnelles, composé des présidents des comités de la CSST établis sur la base de la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles. Les cas déclarés seront ceux reconnus par ce comité de pneumologues experts. Ce sont soit des nouveaux cas indemnisés par cet organisme, soit des cas indemnisés dans le passé et réévalués par suite d'une aggravation de leur état ou de leur décès. D’ailleurs, l’âge relativement élevé des cas déclarés correspond à ces situations.

Nombre de travailleurs d’établissements de Chaudière-Appalaches pour lesquels une déclaration de MADO a été faite au directeur de santé publique entre 2007 et septembre 2009 (en fonction de la date de déclaration)

4.2.1.3 Le fichier des tumeurs du Québec

Selon les données du fichier des tumeurs du Québec, 144 nouveaux cas de mésothéliomes de la plèvre (33 femmes, 111 hommes) ont été diagnostiqués entre 1982 et 2002 dans la région de la Chaudière-Appalaches[236]. La tendance annuelle est à l’augmentation, ce qui permet de postuler qu’au moins la moitié de ces cas ont été diagnostiqués entre 1993 et 2002 (période de 10 ans), soit 77 cas. La littérature scientifique sur le mésothéliome de la plèvre montre que chez 70 % à 90 % des personnes souffrant de ce cancercancer
Maladie caractérisée par la prolifération anormale et désordonnée des cellules. À l’exception des cellules cancéreuses, certains fluides physiologiques (sang, liquide lymphatique) forment par la suite une tumeur maligne (dite tumeur primaire) qui envahit les tissus adjacents. Pour beaucoup de cancers, les cellules cancéreuses peuvent migrer vers d’autres organes et y proliférer. Ces proliférations, distantes de la tumeur primaire, sont appelées métastases.
, il est possible de documenter une exposition antérieure à l’amiante[237]. Il est donc vraisemblable que le nombre de cas indemnisés par la CSST entre 1997 et 2006 selon le fichier des lésions professionnelles sous-estime grandement le nombre réel de mésothéliomes professionnels dans la région. Les MADO récentes semblent le confirmer.

4.2.1 Les cancers d’origine occupationnelle en Chaudière-Appalaches

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29 Enveloppe des poumons.

30 Enveloppe de l’abdomen.

31 Enveloppe du cœur.


© Gouvernement du Québec, 2010