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Agence de la santé et des services sociaux de Chaudière-Appalaches
Vous êtes ici : Consulter le rapport en ligne > 4. Le cancer : protéger la santé > 4.1 L’exposition dans l’environnement > 4.1.3 L’exposition aux pesticides dans les sols, l’eau et l’air

4.1.3 L’exposition aux pesticides dans les sols, l’eau et l’air

Les pesticides sont utilisés pour protéger les cultures et les animaux d’élevage contre plusieurs organismes considérés comme nuisibles par l’humain (insectes, acariens, plantes indésirables, maladies parasitaires et rongeurs). Une fois dispersés dans l’environnement, les pesticides peuvent toutefois se retrouver dans l’eau, l’air ou le sol, qui constituent autant de voies d’exposition à ces produits pour les humains et les organismes de divers écosystèmes[177]. Si les risques d'intoxications aiguës reliés à certains pesticides ne sont plus à démontrer, les effets chroniques de ces produits soulèvent de nombreuses inquiétudes[178].

Au cours des dernières années, l’INSPQ en collaboration avec le MDDEP a travaillé au développement de l’indicateur de risques des pesticides du Québec[179]. Cet indice permet de caractériser les risques que présentent différents pesticides pour la santé et l’environnement, incluant les risques associés au cancercancer
Maladie caractérisée par la prolifération anormale et désordonnée des cellules. À l’exception des cellules cancéreuses, certains fluides physiologiques (sang, liquide lymphatique) forment par la suite une tumeur maligne (dite tumeur primaire) qui envahit les tissus adjacents. Pour beaucoup de cancers, les cellules cancéreuses peuvent migrer vers d’autres organes et y proliférer. Ces proliférations, distantes de la tumeur primaire, sont appelées métastases.
. Une estimation de la pression sanitaire et environnementale découlant de l’emploi des pesticides peut également être produite, que ce soit à l’échelle d’une ferme, d’une région ou du Québec en entier. Cet outil permet ainsi de mieux faire ressortir l’évolution des risques associés à l’emploi des pesticides et, en particulier, de l’effet du remplacement des pesticides réputés plus toxiques par d’autres produits moins nocifs pour la santé et l’environnement. Plus récemment, le portail SAgE Pesticides ( www.sagepesticides.qc.ca Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.) a été développé pour le public et les entreprises qui utilisent des pesticides. Cet outil d'information fournit des renseignements sur les risques pour la santé et l'environnement des pesticides ainsi que sur les usages agricoles pour une gestion rationnelle et sécuritaire des pesticides au Québec. Tous ces outils ont pour objectif commun de favoriser l’usage rationnel et la diminution de l’emploi des pesticides.

En 2006, les ventes totales de pesticides au Québec ont diminué de 9,5 % par rapport à 2005 mais seulement de 9,7 % par rapport à 1992, première année de la compilation des ventes de pesticides[180].

La combinaison des données du Bilan des ventes de pesticides 2006 et de l’indicateur de risque des pesticides permet de produire un indicateur de suivi du risque pour l’environnement et la santé, pour le secteur agricole[177]. Ces deux indicateurs diminuent en 2006 comparativement à 1997, et ce, même avec des volumes de ventes semblables pour ces deux années. Ceci indique que le risque environnemental et sanitaire est moins élevé en 2006 et que les produits vendus sont moins à risque que ceux vendus en 1997. Les indicateurs sont aussi calculés sur la base d’un hectare afin d’obtenir des indicateurs de risque pour l’environnement et pour la santé à l’hectare. Ces derniers diminuent respectivement de 29 % et de 34 % en 2006 par rapport à 1997.

Des résidus de pesticides sont mesurés dans les eaux de certaines rivières et aussi dans les eaux de certains puits au Québec et dans la région de la Chaudière- Appalaches[177]. La présence de résidus de pesticides est également signalée dans une quinzaine de réseau d'approvisionnement en eau potable de notre région. Les concentrations observées respectaient cependant les normes de qualité de l’eau potable. Ces données révèlent malgré tout que la population générale peut être exposée à ces produits de façon involontaire.

Depuis 2006, l’application du Code de gestion des pesticides au Québec a permis de mieux contrôler la vente et l’usage des pesticides en milieu résidentiel et institutionnel, en particulier dans les centres de la petite enfance et dans les écoles. Certains ingrédients actifs de pesticides reconnus pour leurs effets néfastes pour la santé sont notamment interdits pour l’entretien des pelouses, dont notamment le 2,4-D. Ainsi, l’emploi des pesticides à vocation résidentielle est en régression depuis quelques années. L'objectif global de réduction de 50 % de l'utilisation des pesticides par rapport au niveau de 1992 est toujours en vigueur. Toutefois, cet objectif est encore loin d'être atteint.

Bien que toutes les études n'aient pas démontré une association statistiquement significative ou la présence d'un risque, certaines études épidémiologiques laissent suspecter un risque plus important de contracter certaines formes de cancers chez les enfants qui ont été exposés à des pesticides en milieu résidentiel (à l'extérieur ou à l'intérieur de la résidence) ou dont les parents sont exposés dans le même milieu pendant la grossesse.

Toutefois, en général, les cas de cancers associés aux pesticides sont peu fréquents et s'observent le plus souvent en milieu agricole[177]. La tendance générale observée de la diminution de l’utilisation des pesticides doit se poursuivre. Une des façons d’y arriver est de poursuivre la surveillance à l’aide des outils développés et l’éducation de la population et des producteurs agricoles sur cette question.


© Gouvernement du Québec, 2010