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Agence de la santé et des services sociaux de Chaudière-Appalaches

4.1.2 L’exposition par l’eau

Cette section aborde quatre thèmes : l’arsenic, les nitrates, les sous-produits de la chloration et les cyanobactéries.

4.1.2.1 L’arsenic

L’arsenic est un élément chimique incolore, sans goût et sans odeur. Cette substance est reconnue cancérogène chez l’humain. La consommation d’eau potable contenant de l’arsenic pendant plusieurs années augmente les risques de cancercancer
Maladie caractérisée par la prolifération anormale et désordonnée des cellules. À l’exception des cellules cancéreuses, certains fluides physiologiques (sang, liquide lymphatique) forment par la suite une tumeur maligne (dite tumeur primaire) qui envahit les tissus adjacents. Pour beaucoup de cancers, les cellules cancéreuses peuvent migrer vers d’autres organes et y proliférer. Ces proliférations, distantes de la tumeur primaire, sont appelées métastases.
de la peau, de la vessie et des poumons. Ainsi, les ministères de la Santé et des Services sociaux et du Développement durable, Environnement et Parcs ont identifié l’arsenic comme étant une priorité en santé environnementale. Bien que la principale source d’exposition à l’arsenic dans la population générale soit par l’alimentationalimentation
Ensemble des produits alimentaires consommés par un individu.
, l’eau potable peut devenir une source d’exposition prédominante dans les régions où les concentrations d’arsenic dans les eaux souterraines sont élevées[171].

Au Québec, selon la nature géologique du sous-sol, certaines régions peuvent être à risque d’être affectées par des concentrations élevées d’arsenic dans l’eau potable. Entre 2001-2005, des données montraient que les concentrations d’arsenic mesurées dans l’eau d’un réseau de distribution d’eau potable de la région de la Chaudière Appalaches dépassaient parfois soit la norme québécoise du Règlement sur la qualité de l’eau potable actuellement en vigueur, qui est de 25 μg/l ou soit la nouvelle concentration maximale acceptable de 10 μg/l recommandée par Santé Canada depuis mai 200624.

Également, une étude réalisée en 1983 par le ministère des Ressources naturelles et de la Faune dans la région de la Chaudière Appalaches révélait que 35 puits présentaient des concentrations variant entre 25 et 50 μg/l, tandis qu’environ 120 puits présentaient des concentrations entre 10 et 25μg/l. De plus, plusieurs puits avaient des concentrations dépassant les 50 μg/l dont quelques-uns dépassaient les 100 μg/l. Il est à noter que ce ne sont pas tous les puits de la région de la Chaudière Appalaches qui avaient été échantillonnés[172].

La nouvelle concentration maximale acceptable de 10 μg/l, recommandée par Santé Canada, est provisoire jusqu’à ce que les techniques de traitement des eaux permettent de réduire davantage les concentrations d’arsenic dans l’eau potable[173]. Afin de prendre en considération les nouvelles méthodes de traitement, Santé Canada propose d’abaisser la concentration maximale acceptable de 10 μg/l à 5 μg/l. Toutefois, pour l’instant, les dispositifs résidentiels de traitement sont uniquement certifiés comme pouvant réduire les concentrations d’arsenic à des niveaux de 10 μg/l[174] Ainsi, la concentration maximale acceptable actuelle de 10 μg/l est basée principalement sur la faisabilité technique et la limite de détection et non sur les risques à la santé.

Selon Santé Canada, l’excès de risque de cancers associé à l’ingestion quotidienne à vie d’eau potable ayant une concentration d’arsenic de 5 μg/l est estimé entre 1,2 cas additionnel    de    cancercancer
Maladie caractérisée par la prolifération anormale et désordonnée des cellules. À l’exception des cellules cancéreuses, certains fluides physiologiques (sang, liquide lymphatique) forment par la suite une tumeur maligne (dite tumeur primaire) qui envahit les tissus adjacents. Pour beaucoup de cancers, les cellules cancéreuses peuvent migrer vers d’autres organes et y proliférer. Ces proliférations, distantes de la tumeur primaire, sont appelées métastases.
    par    10 000 individus    et    2,3 cas    additionnel    de    cancer    par 100 000 individus. Ce risque dépasse le niveau de risque considéré acceptable de 1/10 000 (10-5) à 1/100 000(10-6)[174]. Pour obtenir un niveau de risque jugé acceptable, Santé Canada évalue que la concentration d’arsenic dans l’eau potable devrait être aussi faible que 0,4 μg/l.

Ainsi, advenant une éventuelle modification de la concentration maximale acceptable actuelle sous les 10 μg/l, davantage de puits et de réseaux de distribution dépasseraient cette nouvelle valeur. Dans ce contexte, il devient alors important de vérifier si l’exposition à l’arsenic dans l’eau potable contribue réellement à accroître significativement la dose absorbée d’arsenic. À notre connaissance, peu d’études ont été effectuées afin d’évaluer le lien entre l’exposition chronique des individus à de faibles concentrations d’arsenic dans l’eau potable et les niveaux de biomarqueurs d’exposition. Ainsi, une étude portant sur l’arsenic dans l’eau potable et intitulée : Exposition et risques sanitaires dans une population rurale québécoise est actuellement en cours dans la région de la Chaudière Appalaches. Cette étude permettra, entre autres, de mieux documenter cette problématique dans la région et ses effets possibles sur la santé.

4.1.2 L’exposition par l’eau

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4.1.2.2 Les nitrates

La présence de nitrates dans l’eau de consommation est principalement attribuable aux activités humaines[175] et leurs principales sources sont les fertilisants agricoles chimiques et organiques associés aux cultures et à l’élevage intensifs et les rejets sanitaires. Les nitrates sont considérés par le CIRC comme probablement cancérigènes (Groupe 2A)[176].

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4.1.2.3 Les sous-produits de la chloration

La désinfection de l’eau par l’ajout de chlore est une mesure de santé publique essentielle car très efficace pour détruire les bactéries et les virus. En contrepartie, la présence de chlore combinée à une grande quantité de matières organiques amènent la formation de sous-produits appelés trihalométhanes. Ces sous-produits peuvent augmenter légèrement le risque de cancercancer
Maladie caractérisée par la prolifération anormale et désordonnée des cellules. À l’exception des cellules cancéreuses, certains fluides physiologiques (sang, liquide lymphatique) forment par la suite une tumeur maligne (dite tumeur primaire) qui envahit les tissus adjacents. Pour beaucoup de cancers, les cellules cancéreuses peuvent migrer vers d’autres organes et y proliférer. Ces proliférations, distantes de la tumeur primaire, sont appelées métastases.
de la vessie lorsque les gens y sont exposés pendant une longue période de temps. Cependant, il faut comprendre que les risques de boire de l’eau contenant des trihalométhanes en concentration élevée sont moindres que ceux de boire une eau non désinfectée.

4.1.2.4 Les cyanobactéries

Les cyanobactéries, aussi appelées algues bleu-vert, sont des bactéries. Plusieurs espèces de cyanobactéries sont capables de produire différentes substances toxiques appelées cyanotoxines. Une de ces cyanotoxines, la mycrocystine-LR est classée par le CIRC dans le groupe 2B soit possiblement cancérogène chez l’humain et les extraits de Microcystis dans le groupe 3 (non classifiable).

24 Données des systèmes municipaux de distribution de l’eau provenant du MDDEP.

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