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Agence de la santé et des services sociaux de Chaudière-Appalaches
Vous êtes ici : Consulter le rapport en ligne > 3. Promouvoir la santé et prévenir les cancers > 3.3 Soutenir les actions préventives > 3.3.2 Acquérir des aptitudes individuelles

3.3.2 Acquérir des aptitudes individuelles

Comme plusieurs études ont démontré que les professionnels de la santé ont une influence déterminante sur les comportements à l’égard de la prévention et du dépistage du cancercancer
Maladie caractérisée par la prolifération anormale et désordonnée des cellules. À l’exception des cellules cancéreuses, certains fluides physiologiques (sang, liquide lymphatique) forment par la suite une tumeur maligne (dite tumeur primaire) qui envahit les tissus adjacents. Pour beaucoup de cancers, les cellules cancéreuses peuvent migrer vers d’autres organes et y proliférer. Ces proliférations, distantes de la tumeur primaire, sont appelées métastases.
, les interventions éducatives visant à joindre la population par leur intermédiaire apparaissent particulièrement prometteuses[9].

Plusieurs avenues doivent être explorées afin de promouvoir les saines habitudes de vie. En Chaudière-Appalaches, les médecins omnipraticiens sont consultés au moins une fois au cours de l’année par 73 % de la population de 12 ans ou plus de la région (femmes : 80 %, hommes : 66 %). Pourtant, il semble difficile d’obtenir un rendez-vous auprès d’eux.

Proportion et estimé de la population de 12 ans ou plus ayant consulté divers professionnels de la santé, Chaudière-Appalaches

3.3.2 Acquérir des aptitudes individuelles

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Les CSSS de la région, notamment par leurs agents de promotion des saines habitudes de vie, jouent un rôle majeur pour la modification des habitudes de vie. Ces agents sont des infirmières, nutritionnistes, kinésiologues ou éducateurs physiques.

En GMF, l’implication des médecins et des infirmières contribue à la promotion des saines habitudes de vie : leur soutien demeure une voie d’intervention incontournable.

D’autres professionnels de la santé pourraient être impliqués tels que les infirmières praticiennes spécialisées en soins de première ligne.
L’implication de tous les professionnels de la santé dans la promotion des saines habitudes de vie constitue une avenue à développer au cours des prochaines années. Toutefois, le professionnel doit avoir des connaissances pour accompagner la personne dans une démarche de changement.

Le counselling en habitudes de vie « ça change tout »

Chez les adultes, le counselling en habitudes de vie est utilisé pour le 0•5•30 COMBINAISON PRÉVENTION0•5•30 COMBINAISON PRÉVENTION
Programme visant la promotion du non usage du tabac (0), de la consommation d’au moins 5 portions de fruits et de légumes par jour (5) et de la pratique de 30 minutes d’activités physiques par jour. Les stratégies proposées sont : éducatives (permettant à tous d’avoir des connaissances et de développer des habiletés), environnementales (modifiant des milieux de vie : travail, école, municipalité...) et de communication (campagne de promotion provinciale régionale et locale sur les saines habitudes de vie). Pour en savoir davantage, consulter le site Internet : www.0-5-30.com/Chaudiere-Appalaches/notreRegion.asp
en Chaudière-Appalaches. Le counselling vise à soutenir la personne dans l’adoption des saines habitudes de vie recommandée par leur médecin : ne pas fumer, être actif au moins 30 minutes par jour (ou 10 000 pas), consommer au moins 5 fruits et légumes par jour et assurer une gestion satisfaisante de leur niveau de stress. Ces stratégies individuelles sont importantes et complémentaires aux autres stratégies telles que le développement d’environnements sains. Pour en savoir davantage sur la création d'environnements sains, consulter la section Créer des milieux favorables.

Le counselling en habitudes de vie s’oriente, à partir de la littérature scientifique récente, vers un mode de counselling peu directif, apte à guider et faciliter le changement. Le domaine des changements de comportements, de la prise en charge de l’individu par lui-même, est différent du domaine curatif.
Lorsqu’il est question de comportements, les patients sont généralement prêts à améliorer leur santé mais peu aiment qu’on leur dise quoi faire. Conseiller les patients en leur disant ce que les professionnels ou la science croient bon pour eux est insuffisant et n’est pas efficace. De plus, une grande insistance sur la nécessité de changement peut favoriser exactement le contraire : l’absence de changement.

Le réflexe correcteur

Qu’est-ce que le réflexe correcteur? C’est le désir de corriger les situations que l’on perçoit problématiques. C’est penser savoir ce qui est bon pour le patient. Avec le temps, ce désir devient une seconde nature, un réflexe quasi automatique. Le réflexe correcteur, lorsqu’il reconnaît l’ambivalence, peut être la cause de « collisions » d’idées et entraîner des dommages.

Dans le domaine des habitudes de vie, des comportements, l’ambivalence fait partie du changement, elle doit être acceptée, appréciée et non confrontée. Le réflexe correcteur doit être perçu et désengagé. La relation n’est plus celle d’un expert s’adressant à son patient, elle devient une collaboration, un partenariat, une rencontre de deux experts où le patient détient toute l’expertise de sa propre réalité. On rejoint ainsi la méthode de entretien motivationnel de Miller et Rollnick[131].

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L’entretien motivationnel

Miller et Rollnick ont développé au début des années 80 « l’entretien motivationnel » auprès de patients toxicomanes[131]. Il s’agit d’un mode de communication et d’une façon d’être avec les patients qui confrontait l’approche thérapeutique traditionnelle de l’époque. « Ils le définissent comme une méthode de communication, centrée sur le patient, visant au changement de comportement par l’exploration et la résolution de l’ambivalence. Il s’agit d’un style d’intervention, d’une modalité particulière d’interaction avec le patient, orienté vers un objectif déterminé, par exemple l’abandon ou la diminution du comportement à risque. Il est résolument centré sur le patient et se déroule dans une atmosphère empathique et valorisante favorisant le changement de comportement et de style de vie du patient[132] ».

L’entretien motivationnel est davantage un esprit qu’un ensemble de techniques. La collaboration, l’évocation et l’autonomie constituent cet esprit. Il n’impose ni ne prescrit le changement, il l’évoque et lui offre un environnement facilitant.

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L’entretien motivationnel soutenu par un outil clinique : Mon plan d’action

L’outil d’intervention développé par la DSPE de Chaudière-Appalaches, Mon plan d’action, offre un menu avec des choix de comportements à améliorer : tabagisme, sédentarité, alimentationalimentation
Ensemble des produits alimentaires consommés par un individu.
, gestion du stress. Les principales étapes sont les suivantes :

  • l’intervenant demande la permission de présenter l’outil Mon plan d’action dans le contexte du rôle majeur des habitudes de vie;
  • avec son accord, le patient est invité à choisir un seul comportement;
  • par la suite, il précise exactement ce qu’il veut faire pour améliorer le comportement choisi;
  • finalement, il indique sur une échelle de 0 à 10 la confiance qu’il a dans la réussite de son projet;
  • quand le niveau de confiance est faible, l’intervenant peut explorer certains ajustements.

Mon plan d’action est une adaptation d’un outil américain semblable dont la faisabilité et la satisfaction ont été évaluées dans une étude clinique parue en 2006[134]. Cette approche permet à des patients au stade de pré-réflexion (selon Prochaska), et reconnus réfractaires au changement, de compléter Mon plan d’action et de le réussir. Cette intervention collaborative avec l’outil a répondu positivement aux critères de faisabilité et de satisfaction des professionnels et patients en soins de première ligne. Elle a de plus facilité la prévention en milieu clinique. Dans cette étude américaine, les professionnels ont affirmé que cette approche avait changé positivement leur perception et leur attitude concernant la prévention et la promotion de la santé.

Mon plan d’action doit être utilisé avec les techniques de base de l’entretien motivationnel. Pour en faciliter la diffusion, la DSPE a produit une version de Mon plan d’action incluant un mode d’emploi, un module de formation de 60 minutes avec un exercice d’initiation.

Dans le quotidien de la pratique clinique, l’utilité et la validité d’une approche systématique sont documentées et mises en valeur dans deux documents produits par le MSSS[135, 136].

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Un projet d’intervention en habitudes de vie en GMF (2006-2008)

Un projet a été réalisé avec les GMF de Chaudière-Appalaches. En 2006, les 13 GMF ont été approchés pour intégrer une pratique clinique préventive avec le 0•5•30 COMBINAISON PRÉVENTION0•5•30 COMBINAISON PRÉVENTION
Programme visant la promotion du non usage du tabac (0), de la consommation d’au moins 5 portions de fruits et de légumes par jour (5) et de la pratique de 30 minutes d’activités physiques par jour. Les stratégies proposées sont : éducatives (permettant à tous d’avoir des connaissances et de développer des habiletés), environnementales (modifiant des milieux de vie : travail, école, municipalité...) et de communication (campagne de promotion provinciale régionale et locale sur les saines habitudes de vie). Pour en savoir davantage, consulter le site Internet : www.0-5-30.com/Chaudiere-Appalaches/notreRegion.asp
. Le projet vise à amener leurs patients à travailler sur des habitudes de vie et à modifier certains comportements. Une formation était offerte aux professionnels (médecins et infirmières des GMF) sur l’entretien motivationnel et sur l’outil Mon plan d’action.

Entre 2006 et 2008, la mise en œuvre de l’intervention a été réalisée par deux professionnels de la DSPE soutenus par l’équipe Habitudes de vie et maladies chroniques : la déléguée médicale avec un rôle de liaison et de facilitation et un médecin responsable de la formation et de la supervision des professionnels.

En 2008, le bilan de la mise en œuvre a montré que l’intervention régionale de facilitation avec l’outil Mon plan d’action et l’entretien motivationnel est une valeur sûre et prometteuse en promotion de la santé et en prévention[137] :

  • facilite l’intervention en habitudes de vie;
  • est appréciée et motivante pour les intervenants;
  • contribue à l’apprentissage et au développement individuel de l’entretien
    motivationnel (savoir-être et savoir-faire);
  • suscite le désir de progression dans cette voie;
  • fait ressortir les besoins suivants :
    • création d’un réseau d’échange (pairs);
    • adaptation à diverses situations;
    • diffusion interdisciplinaire;
    • maintien du rôle de facilitation du professionnel de la DSPE;
    • soutien organisationnel.

Cette approche mérite d’être soutenue et déployée pour tous les GMF qui le désirent, en collaboration avec les agents de promotion des saines habitudes de vie en CSSS.

D’autres professionnels, tels que les infirmières praticiennes spécialisées en soins de première ligne, pourraient aussi contribuer à l’implantation de pratiques préventives dans ces milieux.

Recommandations

Les actions suivantes sont recommandées.

La promotion des saines habitudes de vie et la prévention des cancers appliquées au continuum de soins et de services en cancer

Les priorités des déterminants de la santé et des actions préventives

Les travaux effectués auprès des équipes de la DSPE, des différents comités et des consultations avec des partenaires externes ont mené à retenir des priorités pour les prochaines années. Des critères de priorisation, présentés à l’annexe 3, ont soutenu la réflexion.

La promotion des saines habitudes de vie et la prévention des cancers appliquées au continuum de soins et de services en cancer

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