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Agence de la santé et des services sociaux de Chaudière-Appalaches

3.1.6 La gestion du stress

La gestion du stress constituerait un élément protecteur direct et indirect contre le développement du cancercancer
Maladie caractérisée par la prolifération anormale et désordonnée des cellules. À l’exception des cellules cancéreuses, certains fluides physiologiques (sang, liquide lymphatique) forment par la suite une tumeur maligne (dite tumeur primaire) qui envahit les tissus adjacents. Pour beaucoup de cancers, les cellules cancéreuses peuvent migrer vers d’autres organes et y proliférer. Ces proliférations, distantes de la tumeur primaire, sont appelées métastases.
: mieux documenter ce sujet demeure un objectif pour les chercheurs.

Le stress et le cancer : un questionnement de longue date

Le questionnement sur le lien entre le stress psychosocial et le déclenchement et l’évolution du cancercancer
Maladie caractérisée par la prolifération anormale et désordonnée des cellules. À l’exception des cellules cancéreuses, certains fluides physiologiques (sang, liquide lymphatique) forment par la suite une tumeur maligne (dite tumeur primaire) qui envahit les tissus adjacents. Pour beaucoup de cancers, les cellules cancéreuses peuvent migrer vers d’autres organes et y proliférer. Ces proliférations, distantes de la tumeur primaire, sont appelées métastases.
ne vient pas d’hier. Déjà au deuxième siècle, Galien, un médecin grec, observait que les femmes ayant une « prédisposition mélancolique » développaient plus facilement un cancer[89]. Plusieurs chercheurs se sont par la suite intéressés au sujet, particulièrement au cours des 20 dernières années. S’il est bien admis aujourd’hui que des facteurs génétiques, environnementaux, socioéconomiques et nutritionnels jouent un rôle crucial dans l’apparition et l’évolution de plusieurs cancers, qu’en est-il du stress et des autres facteurs psychologiques?

Le stress, qu’est-ce que c’est?

Selon le Dr Hans Selye, médecin réputé pour ses travaux sur le stress, le stress se définit comme « une réaction unique et diffuse du corps en réponse à une exigence qui lui est imposée ». On peut aussi le décrire comme une réaction physique et émotive au changement. Il est nécessaire à la survie mais devient nocif lorsqu’il y a déséquilibre entre la demande et la capacité à y répondre.

Les personnes stressées ont-elles plus de risques de développer un cancer?

Encore à ce jour, il persiste une controverse : les facteurs d’ordre psychologique interviennent-ils sur le nombre de nouveaux cas et l’évolution des différents cancers? Bien que plusieurs chercheurs ou spécialistes en cancérologie en soient convaincus, il existe peu de preuves démontrant ce lien, notamment sur le nombre de nouveaux cas de cancercancer
Maladie caractérisée par la prolifération anormale et désordonnée des cellules. À l’exception des cellules cancéreuses, certains fluides physiologiques (sang, liquide lymphatique) forment par la suite une tumeur maligne (dite tumeur primaire) qui envahit les tissus adjacents. Pour beaucoup de cancers, les cellules cancéreuses peuvent migrer vers d’autres organes et y proliférer. Ces proliférations, distantes de la tumeur primaire, sont appelées métastases.
. Certaines études récentes appuient toutefois cette hypothèse. Par exemple, une métaanalyse publiée en 2008 et regroupant plus de 548 études, montre un effet négatif des facteurs psychosociaux reliés au stress sur l’incidence et surtout la survie et la mortalité associée au cancer[89] (Recueil statistique, section 1.2). Selon cette métaanalyse, l’importance de ce lien diffère selon le site de cancercancer
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et le type de facteur psychosocial étudié (vécu d’événements stressants, dépression, faible réseau de soutien, personnalité anxieuse).

Les mécanismes

L’inflammation, l’arme redoutable des cellules cancéreuses

L’une des actions nocives du stress serait liée à l’inflammation. En effet, un état de stress répété engendrerait un état inflammatoire chronique, notamment par la sécrétion de catécholamines (noradrénaline et adrénaline) et de glucocorticoïdes (principalement le cortisol) qui interviennent plus ou moins directement sur le processus inflammatoire[90-93]. Tout se passe comme si le corps répondait à une agression. Or, la mécanique inflammatoire joue un rôle déterminant dans la croissance tumorale : on retrouve dans le microenvironnement des tumeurs des substances hautement inflammatoires (cytokines, leukotriènes, prostaglandines, facteurs de croissance...) qui augmentent la perméabilité des cellules, stimulent leur multiplication, dilatent les vaisseaux sanguins avoisinants et stimulent la formation de nouveaux vaisseaux assurant à la tumeur un apport accru en nutriments[90, 93, 94]. De plus, certaines cytokines altèrent le mécanisme de réparation de l’ADN, rendant les cellules plus vulnérables aux mutations et à l’oncogenèse[90].

Par ailleurs, on sait qu’un état inflammatoire chronique joue un rôle primordial dans l’incidence (Recueil statistique, section 1.2) de plusieurs cancers, 15 à 25 % de ceux-ci lui étant directement reliés[95, 96]. Par exemple, le risque de développer un cancercancer
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du côlon est nettement augmenté chez les patients souffrant de maladies inflammatoires de l’intestin, de même que le cancer du pancréas chez ceux souffrant de pancréatite chronique. Ainsi, un stress soutenu ou intense qui stimule la mécanique inflammatoire pourrait jouer un rôle dans la croissance tumorale.

Un système immunitaire affaibli

Si le stress psychologique active les mécanismes de l’inflammation, il exerce également une action immunosuppressive sur l’organisme[97]. Les hormones du stress altèrent les mécanismes de défenses naturelles du corps en diminuant l’activité des globules blancs du système immunitaire, notamment les cellules NK16 et les lymphocytes T17 [98, 99]. Le nombre absolu de certaines de ces cellules serait même diminué chez les personnes atteintes de cancercancer
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et présentant une grande détresse psychologique par rapport à ceux qui ont un bon équilibre émotionnel[93]. L’organisme ainsi « affaibli » est plus vulnérable au développement et à la progression des tumeurs cancéreuses, ses mécanismes de défense étant altérés.

Ce que les enquêtes révèlent (Recueil statistique, section 4.6)

Selon l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes 2007-2008, près du quart (24 %) de la population de Chaudière-Appalaches perçoit un stress quotidien élevé. Ce pourcentage est semblable à celui du Québec et touche également les hommes et les femmes. Les adultes de 25 à 44 ans sont les plus nombreux à percevoir un stress quotidien élevé (près de 35 %) alors que ceux âgés de 60 ans et plus perçoivent un stress quotidien élevé dans une moins grande proportion (12 %)[30]. L’évolution ne montre pas de différence dans le temps.

Évolution de la proportion de personnes de 15 ans ou plus éprouvant un stress quotidien éleve

Reprendre le contrôle

Malgré ses méfaits, le stress demeure essentiel à la vie. Il permet de persévérer, de réaliser des projets, de mener une vie intéressante. Toutefois, pour éviter qu’il devienne nocif à la santé et au bien-être, il importe de le gérer adéquatement. Les personnes ayant tendance à refouler leurs émotions, à s’oublier au profit des autres et à maintenir un sentiment d’impuissance face à leur vie (personnalité de type C) seraient plus sujettes à développer un cancercancer
Maladie caractérisée par la prolifération anormale et désordonnée des cellules. À l’exception des cellules cancéreuses, certains fluides physiologiques (sang, liquide lymphatique) forment par la suite une tumeur maligne (dite tumeur primaire) qui envahit les tissus adjacents. Pour beaucoup de cancers, les cellules cancéreuses peuvent migrer vers d’autres organes et y proliférer. Ces proliférations, distantes de la tumeur primaire, sont appelées métastases.
. À l’inverse, un état émotionnel positif, un sentiment d’équilibre intérieur et un désir de vivre (Servan-Schreiber parle de « mental anti- cancer») sont des facteurs contributifs à un bon système immunitaire et ont possiblement un effet protecteur sur l’incidence et la progression du cancer[93]. La pratique d’activités physiques favorise également la saine gestion du stress.

Un travail de sensibilisation sur la gestion du stress auprès des agents de promotion des saines habitudes de vie en CSSS de même que des infirmières de GMF a été amorcé à l’automne 2007 par la DSPE de Chaudière-Appalaches; une formation a également été offerte[100]. De plus, la population de la région est invitée à participer au Défi Santé 5/30 Équilibre. Ce défi provincial inclut le volet Équilibre depuis 2010 qui vise notamment une saine gestion du stress[101].

Recommandations

Les actions suivantes sont recommandées.

La promotion des saines habitudes de vie et la prévention des cancers appliquées au continuum de soins et de services en cancer

16 Les cellules NK ("Natural killers", tueuses naturelles) représentent 5 à 16 % de la population totale des lymphocytes humains.

17 Les lymphocytes sont des leucocytes qui ont un rôle majeur dans le système immunitaire.

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© Gouvernement du Québec, 2010