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Agence de la santé et des services sociaux de Chaudière-Appalaches
Vous êtes ici : Consulter le rapport en ligne > 3. Promouvoir la santé et prévenir les cancers > 3.1 La promotion de la santé > 3.1.5 L’alcool : un produit banalisé

3.1.5 L’alcool : un produit banalisé

La consommation d’alcool augmente les risques de cancercancer
Maladie caractérisée par la prolifération anormale et désordonnée des cellules. À l’exception des cellules cancéreuses, certains fluides physiologiques (sang, liquide lymphatique) forment par la suite une tumeur maligne (dite tumeur primaire) qui envahit les tissus adjacents. Pour beaucoup de cancers, les cellules cancéreuses peuvent migrer vers d’autres organes et y proliférer. Ces proliférations, distantes de la tumeur primaire, sont appelées métastases.
. D’après les preuves scientifiques concernant uniquement le cancer, il faudrait éviter la consommation d’alcool même en petites quantités[7].

La consommation d’alcool : un enjeu majeur de santé publique

Au Québec, l’alcool est devenu un produit de consommation bien intégré et accepté dans la population. Sa consommation est associée à des valeurs sociales positives (plaisirs, détente, loisirs, bons repas, vacances) plutôt qu’aux problèmes de santé et sociaux qu’il peut entraîner. Les raisons de consommer diffèrent selon chaque personne : elles sont liées à son histoire, à son état de santé, à son environnement familial, social et culturel.

Cependant, les conséquences et les coûts individuels, sociaux et économiques engendrés par la consommation excessive d’alcool sont énormes. Plusieurs problèmes de santé et sociaux y sont directement ou indirectement associés : cancers, maladies cardiovasculaires, cirrhoses du foie, problèmes de santé mentale, suicides, accidents de la route, chutes, violences familiales, négligence et mauvais traitements chez les enfants, etc.

Les effets sur l’organisme

L’alcool est un psychotrope qui fait partie des dépresseurs du système nerveux central. Comme effet, il agit sur le jugement, les fonctions cognitives et le comportement. L’alcool consommé sans manger passe rapidement dans le sang et ses effets sont rapides et importants.

Les femmes sont plus vulnérables que les hommes aux effets de l’alcool. En effet, à poids égal et à consommation égale, l’alcoolémie est plus élevée chez la femme que chez l’homme. Cette différence est due au fait que le corps des femmes contient un plus grand pourcentage de gras. Le gras absorbant moins efficacement l’alcool que les muscles, il en résulte une concentration d’alcool plus élevée dans le sang.

Qu’est-ce qu’une consommation?

Les boissons contenant de l’alcool ont été standardisées sous forme de consommation standard, correspondant, au Canada, à 17 ml d’alcool pur, soit 13,5 grammes d’alcool par consommation.

Consommation standard selon cinq types de boissons alcoolisées

Les modèles de consommation

La quantité totale d’alcool consommée et la façon de la consommer peuvent avoir des effets nocifs sur la santé. En effet, la consommation régulière d’une quantité modérée d’alcool par semaine, par exemple un verre d’alcool par jour pendant cinq jours comporte des effets biochimiques différents à long terme et n’agit pas de la même façon qu’une même quantité d’alcool, cinq verres, pris au cours d’une même occasion. Cette forte consommation ponctuelle comporte des risques de problèmes aigus liés à l’intoxication[83].

Des liens avec le cancer

La consommation d’alcool augmente les risques de certains cancers digestifs : bouche, pharynx, larynx, œsophage, foie et dans une moindre mesure côlon et rectum. Il est aussi associé au cancercancer
Maladie caractérisée par la prolifération anormale et désordonnée des cellules. À l’exception des cellules cancéreuses, certains fluides physiologiques (sang, liquide lymphatique) forment par la suite une tumeur maligne (dite tumeur primaire) qui envahit les tissus adjacents. Pour beaucoup de cancers, les cellules cancéreuses peuvent migrer vers d’autres organes et y proliférer. Ces proliférations, distantes de la tumeur primaire, sont appelées métastases.
du sein, avant et après la ménopause. Les risques de cancer colorectal s’accroissent à partir d’un peu plus de deux verres par jour[7, 83]. Les personnes qui boivent occasionnellement jusqu’à l’intoxication ont trois fois plus de risques de cancercancer
Maladie caractérisée par la prolifération anormale et désordonnée des cellules. À l’exception des cellules cancéreuses, certains fluides physiologiques (sang, liquide lymphatique) forment par la suite une tumeur maligne (dite tumeur primaire) qui envahit les tissus adjacents. Pour beaucoup de cancers, les cellules cancéreuses peuvent migrer vers d’autres organes et y proliférer. Ces proliférations, distantes de la tumeur primaire, sont appelées métastases.
que les buveurs quotidiens qui ne s’intoxiquent pas. En effet, les épisodes d’intoxication favoriseraient la métastase des tumeurs car ils abaissent temporairement les défenses du système immunitaire[84].

3.1.5 L’alcool : un produit banalisé

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La consommation de plus de quatre verres d’alcool par jour sous toutes ses formes entraîne une hausse de cancercancer
Maladie caractérisée par la prolifération anormale et désordonnée des cellules. À l’exception des cellules cancéreuses, certains fluides physiologiques (sang, liquide lymphatique) forment par la suite une tumeur maligne (dite tumeur primaire) qui envahit les tissus adjacents. Pour beaucoup de cancers, les cellules cancéreuses peuvent migrer vers d’autres organes et y proliférer. Ces proliférations, distantes de la tumeur primaire, sont appelées métastases.
, de maladies cardiovasculaires et des démences. Comme le mentionnent Béliveau et Gingras (2009), « l’alcool est une arme à double tranchant qu’il faut savoir utiliser intelligemment[47] ».

Alcool et tabac un mélange qui multiplie le risque de cancer

3.1.5 L’alcool : un produit banalisé

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Le tabac agit en synergie avec l’alcool. L’effet des deux produits est donc plus grand que celui de chacun pris individuellement. À titre d’exemple, « un fumeur de 25 cigarettes par jour, qui boit moins de trois consommations d’alcool par jour, a cinq fois plus de risque de développer un cancercancer
Maladie caractérisée par la prolifération anormale et désordonnée des cellules. À l’exception des cellules cancéreuses, certains fluides physiologiques (sang, liquide lymphatique) forment par la suite une tumeur maligne (dite tumeur primaire) qui envahit les tissus adjacents. Pour beaucoup de cancers, les cellules cancéreuses peuvent migrer vers d’autres organes et y proliférer. Ces proliférations, distantes de la tumeur primaire, sont appelées métastases.
de l’œsophage que quelqu’un qui ne fume pas et qui ne boit pas. Si ce même fumeur boit sept consommations par jour, il multiplie ce risque par 44 »[85].

Comme mentionné dans la section portant sur le tabagisme, l’usage du tabac et la consommation d’alcool augmentent les risques de cancers buccaux (de la bouche). Pour plus d’information sur la détection des cancers buccaux, consulter la section sur le non-usage du tabac.

L’alcool a-t-il un effet protecteur contre les maladies cardiovasculaires?

Pour répondre à cette question, des facteurs sont à considérer : la quantité consommée, la fréquence de la consommation, l’âge de la personne et son état de santé.

Pour les maladies cardiovasculaires, les effets protecteurs d’une consommation modérée d’alcool, peu importe la boisson, sont clairement prouvés et ne profitent qu’aux personnes adultes âgées d’environ 45 ans, et déjà en âge de souffrir de cette maladie[83].

L’effet protecteur du vin rouge, selon Béliveau et Gingras (2009)[47], provient de la molécule resvératrol présente en quantités appréciables exclusivement dans ce type de vin. Le vin aurait de multiples actions positives sur le système cardiovasculaire et même sur la prévention du cancercancer
Maladie caractérisée par la prolifération anormale et désordonnée des cellules. À l’exception des cellules cancéreuses, certains fluides physiologiques (sang, liquide lymphatique) forment par la suite une tumeur maligne (dite tumeur primaire) qui envahit les tissus adjacents. Pour beaucoup de cancers, les cellules cancéreuses peuvent migrer vers d’autres organes et y proliférer. Ces proliférations, distantes de la tumeur primaire, sont appelées métastases.
. Toutefois, comme le précise ces auteurs, « la clé pour profiter des bienfaits du vin rouge demeure la modération (125 ml par jour) car à fortes doses, l’alcool est très nocif pour les cellules et augmente considérablement les risques de plusieurs cancers, notamment ceux de la bouche, du foie et du sein »[20]. De plus, la consommation de vin rouge doit être jumelée à des habitudes de vie saines (alimentationalimentation
Ensemble des produits alimentaires consommés par un individu.
saine riche en fruits et légumes, activité physique quotidienne, etc.).

Ce que les enquêtes révèlent (Recueil statistique, section 4.5)

Selon les données de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, 2007- 2008[30], tant dans la région qu’au Québec, la proportion d'hommes présentant une consommation élevée d'alcool15 est nettement plus élevée que celle des femmes (25 % comparativement à 12 %).

Qui sont ces consommateurs? Dans la région, la moitié sont âgés entre 20 et 49 ans (51 %), perçoivent un stress quotidien élevé (28 %) et un peu plus du quart sont fumeurs (27 %). L’Enquête révèle qu’au Québec, la consommation élevée d’alcool est plus grande chez les personnes ayant complété un secondaire 5 et de niveau de revenu supérieur; cette même tendance est observée dans la région même si la différence n’est pas statistiquement significative.

Les données ne montrent pas de diminution de la consommation entre les enquêtes.

Évolution de la proportion de personnes de 12 ans ou plus présentant une consommation élevée d'alcool

En pratique...

La grande tolérance des québécois concernant l’alcool par sa consommation, son mode de consommation, son accessibilité, sa popularité et sa correspondance à des valeurs positives rendent difficiles les actions sur celui-ci.

Chez les consommateurs modérés, la consommation régulière et l’abus constituent un problème prioritaire de santé publique dont les conséquences sont tant personnelles, familiales que sociales. Le lien entre la consommation d’alcool pris régulièrement et les intoxications aiguës (consommations de cinq verres et plus en une même occasion) avec les risques de développer un cancercancer
Maladie caractérisée par la prolifération anormale et désordonnée des cellules. À l’exception des cellules cancéreuses, certains fluides physiologiques (sang, liquide lymphatique) forment par la suite une tumeur maligne (dite tumeur primaire) qui envahit les tissus adjacents. Pour beaucoup de cancers, les cellules cancéreuses peuvent migrer vers d’autres organes et y proliférer. Ces proliférations, distantes de la tumeur primaire, sont appelées métastases.
est bien démontré. Dans le cadre d’une approche globale d’intervention, les professionnels de la santé doivent intensifier la collaboration avec leurs partenaires afin de sensibiliser la population aux effets de l’alcool sur la santé de manière à ce que la consommation d’alcool devienne un choix éclairé. La consommation d’alcool doit être considérée dans un contexte plus large des saines habitudes de vie.

3.1.5 L’alcool : un produit banalisé

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Il faut toutefois rappeler que les travaux du FMRC effectués sur l’alcool concluent qu’il n’existe pas de seuil de consommation d’alcool que l’on puisse juger parfaitement sécuritaire[7]. D’après les preuves scientifiques concernant uniquement le cancercancer
Maladie caractérisée par la prolifération anormale et désordonnée des cellules. À l’exception des cellules cancéreuses, certains fluides physiologiques (sang, liquide lymphatique) forment par la suite une tumeur maligne (dite tumeur primaire) qui envahit les tissus adjacents. Pour beaucoup de cancers, les cellules cancéreuses peuvent migrer vers d’autres organes et y proliférer. Ces proliférations, distantes de la tumeur primaire, sont appelées métastases.
, il faudrait éviter la consommation d’alcool même en petites quantités. En tenant compte de l’effet protecteur de l’alcool contre les maladies coronariennes, pour les personnes qui désirent consommer de l’alcool, il est recommandé de se limiter à une consommation d’alcool par jour pour les femmes et à deux consommations pour les hommes. Selon Béliveau et Gingras[20], la consommation modérée de vin rouge doit se faire dans un contexte plus global des saines habitudes de vie pour obtenir les bénéfices du resvératrol sur la santé. De plus, la consommation doit se prendre au moment des repas.

Le Plan d’action interministériel en toxicomanie 2006-2011[86] et le Programme-services Dépendances offre de service 2007-2012[87] orientent les actions à mettre en place.

Chez les adultes, le programme québécois Alcochoix+ a été développé à l’intention des buveurs à risque, soit la consommation de 10 à 35 verres et plus par semaine. Ce programme d’intervention brève de type cognitivo-comportemental est inspiré de l’entretien motivationnel. Il est reconnu efficace pour réduire la consommation excessive d’alcool chez les adultes[88]. Il est offert dans chaque CSSS de la région.

3.1.5 L’alcool : un produit banalisé

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Chez les jeunes, les actions doivent viser l’amélioration des compétences personnelles et sociales mais aussi l’aménagement de milieux de vie favorables à l’acquisition des saines habitudes de vie. Relevons également que depuis plus de 20 ans, la Semaine nationale de prévention des toxicomanies propose des actions pour promouvoir la prévention qui s’adresse tout particulièrement aux jeunes de 10 à 25 ans.

Recommandations

Les actions suivantes sont recommandées.

La promotion des saines habitudes de vie et la prévention des cancers appliquées au continuum de soins et de services en cancer

15 Avoir bu 5 verres ou plus d’alcool à une même occasion au moins 12 fois au cours des 12 derniers mois.

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