Maladie de Lyme

Que faut-il savoir pour bien intervenir?

Déjà connue ailleurs, la maladie de Lyme a été notée pour la première fois en Amérique du Nord en 1977 dans la ville de Lyme au Connecticut, à la suite de l’observation d’un nombre anormalement élevé de cas d’arthrites chez les enfants. Les tiques porteuses de la maladie de Lyme semblent être en train de s’établir au Québec, et ce, particulièrement dans le sud, en Estrie et en Montérégie. Bien que les cas humains de maladie de Lyme soient peu fréquents dans notre région, des tiques infectées par la bactérie Borrelia burgdorferi, responsable de la maladie, sont régulièrement retrouvées. Le risque de transmission par piqûre de tique, bien que faible demeure donc possible. Ces quelques questions-réponses pourraient vous aider à gérer certaines situations courantes reliées à cette problématique. Pour de l’information additionnelle, voir les documents cités en référence.

Quelle est l’épidémiologie actuelle de la maladie de Lyme au Québec?

Aucun cas de maladie de Lyme n'a été acquis en Chaudière-Appalaches jusqu'à ce jour.

Le nombre de cas de maladie de Lyme acquis au Québec est en nette progression depuis les dernières années.

Nombre de cas de la maladie de Lyme déclarés au Québec selon le lieu probable d'acquisition, 2011 à 2017

Graphique evolution maladie de Lyme 2007-2017

Source : 
www.msss.gouv.qc.ca/professionnels/zoonoses/maladie-lyme/evolution-de-la-maladie-au-quebec/ consulté le 2018-06-21

Depuis que la maladie de Lyme est à déclaration obligatoire (MADO), en novembre 2003, 12 cas ont été déclarés en Chaudière-Appalaches, soit 2 en 2009, 3 en 2013, 2 cas en 2014, 1 en 2015, 1 cas en 2016 et 3 en 2017. D’après l’analyse de la Direction de santé publique, aucun cas n’a été acquis en Chaudière-Appalaches, tous ont fréquenté une région à risque élevé avant de faire la maladie, au Québec ou hors-Québec. Ainsi, la région de la Chaudière-Appalaches n'est pas considérée comme une région à risque élevé jusqu'à maintenant.

Grâce au programme de surveillance passive des tiques recueillies chez les humains et les animaux, un total de 162 tiques ont été analysées en Chaudière-Appalaches en 2016 (41 retrouvées chez des humains et 121 chez des animaux). Une tique sur deux (89/162) était une Ixodes scapularis, soit la tique reconnue comme vecteur potentiel de la maladie de Lyme. Les analyses ont aussi montré que 17% d’entre elles (15/89) étaient porteuses de la bactérie Borrelia burgdorferi, responsable de cette infection.

Comment se transmet la maladie de Lyme?

La maladie de Lyme est causée par la bactérie Borrelia burgdorferi (Bd). Cette bactérie se transmet par la piqûre d’une tique infectée.

Un temps de contact prolongé entre la tique et la peau d’au moins 24 heures est nécessaire à la transmission de l’infection.

La maladie de Lyme est une borréliose qui s’attrape lorsqu’une tique infectée, Ixodes scapularis (ou Ixodes ricinus en Europe) transmet une bactérie (Borrelia burgdorferi) lors de sa morsure. Certaines tiques acquièrent la bactérie dans leur estomac lorsqu’elles piquent des souris à pattes blanches qui sont infectées. Lors de la piqûre suivante, la tique transmet la bactérie à son hôte. Le risque de transmission de la bactérie augmente avec la durée de la piqûre. Le risque de transmission est très faible avant 24 heures et plus important après 72 heures.

Si un patient vous consulte avec une tique encore présente sur la peau, comment la retirer?

Il est important de retirer la tique aussitôt que possible, car le risque de transmission de la maladie de Lyme augmente avec la durée de la piqûre. La grosseur de la tique varie grandement selon qu’il s’agisse d’une nymphe (1,3 - 1,7 mm) ou encore d’une adulte engorgée de sang (plus de 5 mm).

                           Apparence et taille de la tique à pattes noires

Pour retirer une tique :

    • Utiliser une pince fine aux extrémités pointues (pince à écharde). Saisissez la tique en étant le plus près possible de la peau. Il est important de ne pas presser l'abdomen de la tique, car cela augmente le risque de transmission de la bactérie.
    • Tirez la tique doucement, mais fermement et de façon continue, sans la tourner ou l'écraser. Si la tête de la tique reste implantée dans la peau, vous pourrez ensuite la retirer délicatement avec la pince. Cette partie ne peut plus transmettre la maladie.

    • Placez la tique retirée de la peau dans un contenant qui ferme de façon étanche, comme un contenant à pilules vide.

    • Après avoir enlevé la tique, nettoyez la peau avec de l'eau et du savon, et lavez-vous bien les mains.

    Après une piqûre de tique, la personne devrait être avertie de consulter si elle présentait un ou plusieurs symptômes de la maladie de Lyme dans les 3 à 30 jours après avoir été piquée.

    Source : http://sante.gouv.qc.ca/conseils-et-prevention/retrait-de-la-tique-en-cas-de-piqure/Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.

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    Doit-on faire analyser la tique et comment procéder?

    L’analyse de la tique n’a pas de valeur pour déterminer la conduite à adopter pour une personne ayant été en contact avec une tique ou présentant des symptômes de maladie de Lyme.

    À des fins de surveillance épidémiologique seulement, une tique prélevée sur un humain peut être envoyée au laboratoire de votre hôpital dans un contenant sec accompagné du formulaire « Demande d’analyses pour les tiques prélevées sur un humain Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. ».Votre laboratoire l’acheminera par la suite au Laboratoire de santé publique du Québec Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.pour analyse.

    Depuis 2018, les résultats des analyses de détection moléculaire effectuées pour savoir si la tique est porteuse d’agents pathogènes ne seront pas transmis aux cliniciens. Ces analyses servent exclusivement à des fins de surveillance pour l'INSPQ et ne doivent pas être utilisées comme outil d’aide au diagnostic.

    Doit-on donner des antibiotiques en prophylaxie?

    Une prophylaxie n’est pas indiquée à la suite d’une piqûre survenue en Chaudière-Appalaches.

    La prophylaxie peut être offerte à une personne asymptomatique ayant été piquée par une tique provenant de certains secteurs des régions du Québec ou d’autres zones considérées endémiques, aux États-Unis ou en Europe, si certaines conditions sont respectées.

    Les critères pour évaluer l’indication de prophylaxie postexposition (PPE) Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. après une piqure de tique ont été révisés en 2017 et le MSSS a produit un algorithme décisionnel Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. qui intègre ces nouveaux critères. L’antibioprophylaxie n’est généralement pas recommandée après une piqûre de tique survenue au Québec. Cependant, un groupe d’experts mandaté par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) est d’avis que la prophylaxie post-exposition (PPE) à base de doxycycline peut être offerte à une personne qui a été piquée par une tique dans certains secteurs des régions de l’Estrie et de la Montérégie Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre..

    Les critères pour administrer la PPE à un patient asymptomatique avec une histoire de piqûre de tique sont :

    • secteur géographique endémique Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.;
    • tique accrochée à la peau ≥ 24 heures;
    • la prophylaxie peut être débutée ≤ 72 h suivant le retrait de la tique;
    • pas de contre-indication à la doxycycline.

    L’antibioprophylaxie peut également être envisagée après une piqûre de tique survenue dans des zones endémiques ailleurs au Canada Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre., aux États-Unis Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. (site internet en anglais) et en Europe Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. (site internet en anglais).

    Pour les personnes âgées de plus de 12 ans sans contre-indication, la prophylaxie est alors doxycycline 200 mg en une dose unique par voie orale. Pour les enfants de 8 à 12 ans et les personnes ayant une contre-indication, consultez l’algorithme PPE Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre..

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    Quelles sont les recommandations à donner à la personne piquée?

    Toutes les personnes qui ont subi une piqûre de tique, qu’elles aient reçu ou non une PPE, doivent être informées de surveiller l’apparition d’éventuels symptômes pendant les 30 jours qui suivent (voir question suivante) et de consulter au besoin.

    Quels sont les symptômes de la maladie de Lyme?

    Erytheme migrant

    Les premiers symptômes de la maladie de Lyme apparaissent généralement entre 3 et 30 jours après la piqûre d’une tique infectée.

    Le symptôme le plus courant est une rougeur sur la peau généralement à l’endroit de la piqûre, mais parfois ailleurs sur le corps, appelée érythème migrant (EM). Ce symptôme est présent dans 60 à 80% des cas d’infection. La rougeur s’étend rapidement pour atteindre ≥ 5 centimètres et elle peut être en forme d’anneau ou de cible. La lésion est généralement indolore, mais parfois sensible ou prurigineuse.

    D’autres symptômes peuvent accompagner cette rougeur :

    • fièvre; 
    • fatigue; 
    • maux de tête; 
    • raideur à la nuque; 
    • douleurs musculaires et articulaires.

    L’EM doit être distingué d’une réaction d’hypersensibilité à une piqûre, qui consiste en un érythème mesurant moins de 5 cm, disparaissant le plus souvent en 24-48 heures. Cette réaction se développe souvent en quelques heures (au lieu de quelques jours pour l’EM) et peut s’associer à du prurit ou de la douleur. 

    En l’absence de traitement, l’infection peut évoluer en maladie disséminée Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. et peut entraîner d’autres complications soient dermatologiques, musculo-squelettiques, neurologiques, cardiaques et oculaires.

    Infection disséminée :

    L'infection précoce disséminée peut survenir de quelques jours à trois mois après la piqûre de tique ou l’exposition. À ce stade, les manifestations sont souvent multisystémiques et intermittentes. La fréquence de chacune des manifestations est difficile à chiffrer. Les atteintes les plus fréquentes étant :

    • cutanées : lésions semblables aux lésions d’EM décrites ci-dessus, mais présentes à de nombreux endroits du corps et pouvant être de taille inférieure à 5 cm. 
    • musculosquelettiques : myalgies et arthralgies (brefs épisodes d’arthrite possibles). L’articulation temporomandibulaire et le genou sont souvent touchés. 
    • neurologiques : névrite crânienne, dont la paralysie faciale (de Bell), unilatérale ou bilatérale, méningite, neuropathie périphérique. 
    • cardiaques : bloc du noeud auriculoventriculaire, myocardite.

    L’infection disséminée tardive peut survenir plus de trois mois après l’exposition. Elle correspond parfois à la première manifestation clinique de la maladie :

    • la forme prédominante en Amérique du Nord est l’arthrite;
    • des atteintes neurologiques peuvent survenir. Les polynévrites, les poly-radiculopathies et une forme fruste d’encéphalomyélite sont des présentations fréquentes en Amérique. Les atteintes neurologiques sont plus graves quand l’infection est acquise en Europe.
     
    Référence : Maladie de Lyme – Guide pour la prise en charge d'un cas, CIUSSS de l’Estrie, mai 2018 Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.

    Quand doit-on faire une sérologie?

    Les experts du MSSS ont produit un aide-mémoire sous forme d’algorithme Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.résumant la conduite à tenir lorsque la maladie de Lyme est suspectée. 

    La sérologie n'est d'aucune valeur diagnostique chez le patient asymptomatique, même s’il a subi une piqûre de tique. De plus, il n’est pas indiqué de tester des patients qui n’ont pas eu d’exposition aux tiques et qui présentent des symptômes non spécifiques (ex. : fatigue chronique), car la possibilité d’un faux positif est élevée. D’autres affections peuvent aussi interférer avec les épreuves sérologiques, comme certaines maladies auto-immunes, la syphilis, la leptospirose et une rickettsiose.

    La sérologie devrait être réservée aux patients qui présentent des symptômes compatibles avec la maladie de Lyme, sinon le risque de faux positif est élevé et l’interprétation difficile.

    La sérologie est indiquée en présence :

    • d’une lésion cutanée compatible avec un EM si l’exposition à une tique est incertaine ou si elle a eu lieu dans un territoire considéré non endémique;

    OU

    • de manifestations cliniques compatibles avec une infection disséminée.

    Si la sérologie est indiquée, prélever un premier sérum (Test EIA IgM et IgG) après l'apparition des symptômes. Si ce test est positif, il sera envoyé au Laboratoire National de Microbiologie (LNM) pour des tests de confirmation (Western Blot). La valeur prédictive positive (VPP) est faible dans les régions avec une endémicité faible (beaucoup de faux positifs si fait dans une population à faible risque de maladie de Lyme).  

    Si les résultats sérologiques sont négatifs et que la maladie de Lyme est suspectée, une seconde sérologie, effectuée de quatre à six semaines après le début des symptômes, est recommandée. Si la première sérologie est réalisée plus de six semaines après le début des symptômes, la seconde n'est pas nécessaire.  

    La maladie de Lyme est une maladie à déclaration obligatoireCet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre. par le médecin. Au besoin, le professionnel peut communiquer avec la direction de santé publique de Chaudière-Appalaches pour plus d’informations.

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    Comment se protéger de la maladie de Lyme?

    Afin d’éviter les piqûres de tiques lorsque l’on pratique des activités en forêt, dans les boisés ou les hautes herbes il faut :

    • marcher de préférence dans les sentiers et évitez les herbes hautes;
    • bien entretenir la végétation autour de la maison, particulièrement près des aires de jeux des enfants;
    • utiliser un chasse-moustiques à base de DEET ou d’icaridine sur les parties exposées de votre corps, en évitant le visage. Pour savoir quels chasse-moustiques choisir et comment les utiliser de façon sécuritaire, consultez les tableaux d'utilisation des chasse-moustiquesCet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.;
    • porter des vêtements de couleurs claires, car ils rendent les tiques plus visibles;
    • porter un chapeau, des souliers fermés et des vêtements longs;
    • entrer le bas de votre pantalon dans les chaussettes;
    • inspecter minutieusement tout votre corps et celui des enfants afin de vérifier si des tiques sont accrochées à la peau car le risque de transmission de la maladie de Lyme par la tique est faible si la tique reste accrochée à la peau moins de 24 heures.

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    Pour en savoir plus...

    Pour connaître le traitement approprié selon les stades de l'infection et les atteintes cliniques, consultez la section « Traitement » du Guide produit par la Direction de santé publique de l'Estrie, mai 2018. Cet hyperlien s'ouvrira dans une nouvelle fenêtre.

    Saviez-vous que...

    Des cartes des endroits à risque de maladie de Lyme sont disponibles :

    Pour déclarer une MADO

    Par télécopieur :

    418 389-1560


    Par téléphone :

    418 389-1510
    (pendant les heures ouvrables)


    418 397-4375
    (en semaine de 16 h 30 à 8 h 30, fins de semaine et jours fériés)

    (numéros réservés aux professionnels de la santé)